jeudi 25 octobre 2018

Nostalgie

La nostalgie à toujours été une composante très forte de mon attachement aux jeux à figurines (oui j'invente des termes):
des souvenirs d'heroquest avec le père, de space crusade avec les cousins, de warhammer 40kV2 avec mes amis d'école, necromunda avec mon premier groupe de joueur "sérieux", Les constructions folle, les espaces recouverts de décors, de peinture, de frigolites remplissant plusieurs caisses de déménagement.

Necromunda : du cawdor, du skavy, du redempteur, de l'orlock et du plastique de la boîte V1.
Cette nostalgie est tellement forte que j'ai tout simplement tout gardé de cette époque. J'ai bien essayé de me séparer d'un volume en double ou l'autre, mais rien n'y fait, ils finissent toujours par retrouver leur place dans la bibliothèque.
C'est leur pouvoir:
Un seul coup d'oeuil à mes aciens white dwarf, rangés dans les classeurs à magazines, me réchauffe le coeur et m'échauffe les doigts et les méninges.
(Et non je ne suis pas sectaire, les premiers Ravages, boîtes d'initiation de D&D, les chronopia et warzone me font le même effet.)
Un simple coup d'oeuil. Même pas attentif, un aperçu rassurant.

Par moment j'ai l'impression qu'il n'y a que ça dans ma pratique; de la nostalgie.
Et pourtant, j'ai des zombicide, AoS, Dust et même quelques règles indés récentes.
A priori, je n'ai pas eu l'occasion de créer ces souvenirs, encore moins avec des jeux que je n'aurais jouer qu'une seule fois.

Alors pourquoi cet impression de nostalgie continuelle?
J'y ai beaucoup réfléchit et je pense avoir quelques pistes de réflexion:

1 - La nostalgie, c'est plus fort que toi!

La nostalgie c'est le bonheur en shoot rapide: un rappel, un souvenir de la douceur du passé, du bonheur des rires, de la chaleur d'un monde plus simple.
Qui pourrait dire qu'un bon souvenir est désagréable? et si ce bon souvenir s'invoque aussi rapidement qu'un coup d'oeuil à une bibliothèque, qui s'en priverait?
Ainsi je pense que ces souvenirs nostalgiques,de par leur intensité, leur instantanéité et leur répétition "facile", prennent par défaut beaucoup plus de place que ceux à construire.

2 - Les thématiques, les mécaniques

Si j'aime les jeux à figurines, j'ai aussi accepté que les règles et les univers seraient généralement des déclinaisons de quelques concepts "de base".
Déplacements de personnages dans des espaces, profitants des particularités de ceux-ci (généralement profiter des couverts), des combats, généralement inspirés de battailles (le plus fort, phisiquement, gagne) dans des univers typé geek traditionnels ou historique.
Dans ces conditions, comment éviter le rappel aux jeux fondateurs de mes souvenirs; même Kingdom Death : Monster que j’analysais précédemment n'échappa pas à la comparaison avec Necromunda qui m'aura tant marqué.

3 - Ma pratique lente

L'air de rien, les jeux à figurines sont difficile à sortir: entre la peinture, les décors, les thématiques parfois compliquées (de kingdom death très limite à dust qui met des robots dans un genre de ww2) et le temps de jeu qui n'est jamais en dessous des 2h (car oui à mon âge il faut bien ça) difficile de trouver des joueurs.

Mais difficile aussi de finir la peinture, et finalement c'est assez agréable de prendre son temps là dessus. prendre le temps de concevoir les idées, puis de trouver de quoi les réaliser à moindre frais, jusqu'à la réalisation.. certain de ces projets sont encore en cours, 26 ans plus tard.

Seigneurs de Guerre; le starter set pour Warhammer par MB/Citadel en1992. Ici la partie Chaos presque au complet.

Cette excitation entretenue, étendue sur le long terme existait déjà en 1992: des preview de plusieurs mois de Mordheim dans le white dwarf, des preview interminables des différentes figs à venir dans ravages.
Les jeux à figurines on toujours créé l'envie, et historiquement les gammes fictionnelles ont toujours réussies à entretenir celle-ci à coup de sorties, de suppléments et autres nouvelles versions.
Aujourd'hui, la méthode semble la même, et un jeu acheté au temps T gardera son intérêt plusieurs années plus tard, peut-être pas pour de nouveaux joueurs, ou ceux ayant déjà joué à cette version, mais reste potentiellement intéressante, attirante, pour l'acheteur qui ne l'aura pas encore utilisée, devenant même parfois culte (et donc potentiellement infiniment attirante) en fonction de l'aura de cette version auprès de la communauté.
Et que dire des systèmes qui permettent de réutiliser d'anciennes gammes, des versions qui font écho à d'anciennes versions, etc...?

En d'autres termes, être lent dans ma consommation créé étrangement une certaine nostalgie, même sur les produits les plus récents!

Et du coup?

La nostalgie est un sentiment qui n'a pas très bonne presse de nos jours, et pour cause:
Avant tout était plus raciste, plus polluant, plus bassement capitaliste.
Avant on avait des coupes de cheveux moches, des sweat-shirt informes, des couleurs pastel ou criardes partout.
Avant c'est la génération des tontons qui ne savent pas faire le deuil de valeurs has been, d'humour malaisant, de modes dépassées.

Alors être nostalgique c'est pas facile, et très franchement des jeux avec "des petites poupées" c'est vraiment pas simple à partager avec des non-initiés. Et oui, des tas de gens très intéressants, aux cultures très différentes des miennes peuvent avoir des apriori sur ce hobby. C'est malheureux, c'est réducteur, mais c'est comme ça. Et pourrais-je vraiment leur donner tors? Déjà simplement un rapide regard sur l'esthétique tape à l'oeuil des sac plastique GW vous convaincra que ça n'est pas sans fondements.

Mais pour autant, je n'ai pas envie de me séparer des trois point que je développe plus haut. Et je n'ai pas envie non plus de me couper du monde. Alors je fais comment? Suis-je dans une impasse?
Et vous, avez-vous "fait des choix" entre une vie sociale très riche, et une nostalgie si douce?




Personnellement je ne pourrais vivre sans ni l'un ou ni l'autre: je vais tenter de créer des ponts.


 

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